La commune de Méjannes le Clap est située sur un plateau (300 mètres d’altitude) et entourée de 3800 hectares de garrigue boisée, au Nord Est du département du Gard, plus précisément dans le canton de Barjac.
Elle est proche de la vallée de la Cèze et de l’ancienne voie Antonine.
Le plateau de Méjannes étant de nature calcaire de nombreuses cavités et avens ont été recensés. Le climat est méditerranéen. La faune et la flore sont particulièrement abondantes ; on trouve des lièvres, des chevreuils, des sangliers, des chênes verts, des chênes blancs, des arbousiers, des cades, buis…
Origine du nom de Méjannes le Clap
Le nom Méjan signifie « au milieu de, mitoyen »
La forme féminine est tirée de l’occitan Mejannas qui signifie « terres en indivision possédées par plusieurs propriétaires » et Clap signifie : sol pierreux.
Histoire de Méjannes
Préhistoire
L’ensemble des gorges de la Cèze regroupe un nombre important de gisements préhistoriques. Sur la commune de Méjannes se trouve la grotte de l’Aigle, premier gisement néolithique ancien (soit 5000 ans avant notre ère) riche en gisements osseux et lithiques.
Lors de sa découverte, il a été trouvé 82 outils (flèches tranchantes, grattoirs et lames…)et 2914 fragments osseux (boeufs, chèvres, lièvres, ours brun...)
On note la présence de dolmens posés comme des tables surnommés table des Turcs, dolmen des fées. On trouve aussi d’importants amoncellements de pierres sèches.
Au 17ème siècle
De grandes fermes appelées Mas ont été construites sur le plateau de Méjannes. Certains sont aujourd’hui restaurés et d’autres abandonnés. Ils se caractérisentpar des salles à voûte d’arête, de grandes cheminées et des fours à pain creusés dans le mur.Les habitants des mas vivaient en autarcie, leurs ressources principales étaient l’élevage de moutons, le ver à soie et les coupes de bois.
Méjannes fut l’ancienne capitale verrière du Gard jusqu’au 18èmesiècle. On trouve aujourd’hui des mas qui étaient d’anciennes verreries : mas du Clap, mas Crémat, mas de la Civadière, mas deTerris.
Un registre administratif "le Compoix" de 1645 décrivant les terres et fixant l'impôt est visible sous forme d'exposition explicative à la Mairie.
Exposition visible librement aux horaires d'ouverture de la Mairie
Visites commentées en avril, juillet et août (voir programme des manifestations)
La densité forestière, le sable des berges de la Cèze permettaient de recueillir tous les éléments pour souffler le verre. Les besoins en bois de ces gentilshommes verriers ont fait que la forêt originelle du plateau a disparu et laissé place aux paysages actuels.
L’activité verrière sera relayée par les charbonniers. Ce sont eux qui, exploitant le bois, découvriront bon nombre de cavités.
En 1694, la communauté de "Méjanes le Clap" reçut pour armoiries
"d’argent, à une bande losangée d’or et de gueules"
Au 18ème siècle
La commune est marquée par les guerres de religion entre Lussan la protestante et Avéjan la catholique.
L’ancienne église était située dans la plaine des Cameliers.
Camelier est le nom de la plaine qui sépare Méjannes de Lussan et forme une dépression
entre les deux hauteurs naturelles.
L’église a été rasée et pillée par les « hérétiques » en 1703 à tel point qu’il a fallu en rebâtir une autre. Elle fut reconstruite dans le centre du Méjannes actuel en 1717 et dédiée à St Christophe. Elle sera restaurée en 1991 grâce au financement personnel de Mr Van Lidth (un Méjannais). Les fresques que l’on peut admirer à l’intérieur ont été exécutées par Bertrand Servenay.
Le village devient commune à la Révolution.
Au XXéme siècle
Les mas ont été abandonnés après la guerre 1914 – 1918. Beaucoup de jeunes ne sont pas revenus de la guerre et les survivants préfèrent ne pas rentrer au Mas. Les fermiers appauvris ne peuvent pas embaucher et entretenir les bâtisses.
En vendant leur fumier de brebis aux cultivateurs dont les vignobles sont en pleine expansion, ils appauvrissent leurs propres terres qui redeviennent vite stériles ce qui achève de les ruiner. La dernière guerre fait de Méjannes l’abri précaire de résistants. Les quelques champs cultivés retournent à la pâture et les terres ne sont pratiquement plus entretenues. Seulement quatre familles subsistent au village.
Au début des années 1970, le Conseil Général du Gard décide de redynamiser l’arrière pays gardois et plus particulièrement la commune de Méjannes le Clap.
La SEMAG (Société d’Economie Mixte pour l’Aménagement du Gard) fut chargée de réaliser une zone de détente et de loisirs. Ils décidèrent de construire des zones résidentielles et des centres de vacances
spécialement pour les gens du Nord et du Centre. Il a fallu réaliser une infrastructure importante afin de rendre la garrigue habitable.
Aujourd’hui on compte plus de 5000 personnes en été avec une importante capacité hôtelière grâce à une gamme très complète et diversifiée d'hébergements (campings, hôtel, centres de vacances, parcs résidentiels, locations…)
Plus de 500habitants vivent aujourd’hui en permanence à Méjannes contre 2 familles en 1970 !
Sources bibliographiques :
Henri Beau : Les fresques de Méjannes le Clap
Un peu d’histoire, journal de Méjannes le Clap, bulletin municipal
J.L et O. Roudil et M. Soulier : la grotte de l’Aigle.
Jacques Astor : Le dictionnaire des noms de familles et noms de lieux du midi de la France.
Gabriel Lambert : les fermes du plateau de Méjannes le Clap, Rhodanie n° 3
Daniel Traviers : historique de la sériciculture en Cévennes
Bernard Rey : Toponomastique de la Méjannenque :PDF à télécharger